chapitre 48: Une larme : 1% d'eau et 99% de sentiments

chapitre 48: Une larme : 1% d'eau et 99% de sentiments
Effondrée au sol, je pleure toutes les larmes de mon corps. Je n'arrive même pas à avoir une respiration régulière, mes poumons sont rétractés et empêchent tout oxygène de s'y engouffrer. Des soubresauts incessants ont pris possession de moi. Ma tête tourne à me faire perdre le nord. Une longue blessure vient de s'ouvrir à l'intérieur de mon c½ur. Elle me fait souffrir à un point inimaginable, j'ai l'impression que je ne pourrais pas y survivre. Je n'ai jamais autant perdu le contrôle de moi même jusqu'à ce jour. J'ai l'impression que ma tête va exploser d'une minute à l'autre. Pourquoi elle? Personne n'à le droit de lui faire du mal! Pas à ma petite s½ur.

Je sens des bras passer autour de mes épaules pour tenter de me calmer. Lorsque j'aperçois de qui il s'agit, entre deux rideaux de larme, je le repousse violemment.


Moi: NE ME TOUCHE PAS BILL!


Je le vois reculer, hébété, ne sachant pas vraiment quoi faire. Comment peut-il croire que je vais le pardonner après ce qu'il a osé insinuer? Ma peine a démultiplié ma colère et le sentiment de trahison que j'ai envers lui. Je sais que ma réaction est démesurée mais le choc de la nouvelle sera ma circonstance atténuante. Folle de haine et de douleur je me replis sur moi, enroulant mes jambes de mes bras tremblants. Je me balance d'avant en arrière comme une démente. Les minutes passent sans que j'en n'aie la notion.

......

Lorsque j'ouvre à nouveau les yeux, je m'aperçois que je suis allongée sur le lit et que dehors la nuit semble être tombée depuis longtemps. Courbaturée, je me redresse pour me rendre compte qu'il n'y a personne dans la chambre. Un mal de tête me donne ordre de me recoucher. J'abdique et essaye de remettre mes idées en ordre.
Tom et Bill ont dû sortir pour me laisser me calmer. Je me sens coupable d'avoir aussi brusquement rejeté Bill, mais il m'a blessé et avec cette annonce par dessus, je ne l'ai pas supporté. J'ai littéralement perdue les pédales, je ne me contrôlais plus, comme si je n'étais plus maître de moi même. C'est affreux de ressentir ça, on a l'impression d'être esclave de son corps en crise. J'en frémis rien quand y repensant, maintenant je me sens vidée, telle une coquille vide. Il faut que je rentre d'urgence en France, je dois les rejoindre et très vite, ils ont besoin moi, autant que j'ai besoin d'eux.
C'est ce moment ci que Tom choisit pour rentrer et venir prendre de mes nouvelles.


Tom: alors comment tu vas ma belle?


Il passe une main réconfortante sur mon visage ruisselant de sueur.

Moi: mal...
Tom: Bill est devant la porte et il s'en veut énormément. Pendant que tu dormais on a longuement discuté et il a compris que son attitude était stupide. Il a dérapé, avec toute la pression qu'il supporte il a pété un câble. Mais ça, il saura mieux te le dire que moi. Je peux t'assurer que je ne l'ai jamais vu aussi mal que tout à l'heure, il a vraiment eu peur pour toi.
Moi: je ne peux pas lui pardonner aussi facilement Tom, comment tu fais toi?
Tom: c'est mon jumeau et je ressens au plus profond de moi qu'il est sincère, il se sent terriblement coupable tu sais.


Voyant que je ne compte rien ajouter, il poursuit.


Tom: tu ne veux pas le faire entrer? Juste pour qu'il soit rassuré, il se fait un sang d'encre.
Moi: ok.


À peine ai-je prononcé ces mots qu'il se jette sur la porte pour ouvrir à son frère. Bill entre timidement, il s'approche à pas feutrés. Il me cherche du regard, je le fuis. Il vient s'asseoir à mes cotés tout en gardant une certaine distance. Ses doigts effleurent les miens pourtant, je les retire automatiquement. Je vois un voile de tristesse apparaître sur son visage. Puis Tom prend la parole pour faire fuir l'ambiance pesante qui s'apprêtait à s'installer.


Tom: qu'est ce qui t'a mis dans cet état tout à l'heure?
Moi: un coup de fil de ma mère pour me dire que...


Mes mots se bloquent dans ma gorge, les faire sortir serait leur donner une dimension réelle. Tom m'encourage du regard, j'ai peur de craquer une nouvelle fois en mettant des mots sur mon mal, finalement je m'y résous.


Moi: ma soeur est à l'hôpital dans le bloc opératoire depuis plus de trois heures maintenant... les médecins se relaient pour la soigner et ma mère les voit sortir les uns après les autres tachés de sang... Ils ne veulent rien lui dire...


Ça y est les larmes sont à nouveau aux bords de mes yeux, je retiens un sanglot. Le visage des jumeaux s'est assombri. Je sais qu'ils meurent d'envie de savoir pourquoi elle est là bas, sachant que par respect pour moi ils ne me le demanderont pas je leur dis de mon plein grès.


Moi: elle s'est faite renverser par un chauffard en traversant la route... Cet enfoiré ne s'est même pas arrêté!


Je tremble de rage maintenant, si jamais j'ai cet être abjecte en face de moi je lui ferais regretter son geste jusqu'à la fin de sa misérable vie. Les garçons ont les yeux braqués sur moi, j'essaye d'apaiser mon envie de meurtre et de me détendre. Tom se lève et s'apprête à sortir.


Tom: je suis profondément désolé Alex pour ta soeur, je vais tout de suite me débrouiller pour qu'on rentre en France dès demain. Pendant ce temps là, discuter, vous en avez besoin.


Bill se retourne vers moi et plonge ses yeux dans les miens, encore une fois je m'en détourne. C'est trop dur d'affronter son regard pénétrant. Pourtant il persiste.


Bill: Alex je sais que je t'ai blessé tout à l'heure, tu ne peux pas savoir à quel point je regrette tout ça. Je n'ai envie que d'une chose: remonter le temps et tout effacer. Excuse moi, j'ai pété les plombs je suis désolé. J'ai été idiot de penser qu'il pouvait se passer quelque chose entre toi et Tom. Mais tu vois en ce moment je suis un peu à bout, entre la nouvelle tournée qui se prépare, la promo à faire, les interview, tout quoi. J'en peux plus et du coup j'ai déchargé toute cette tension sur toi et Tom, les personnes les plus proches. Je sais que ce n'est pas une excuse et une piètre explication mais voilà c'est tout ce que je suis en mesure de te donner.
Moi: Bill je peux pas...
Bill: je sais que tu ne peux pas me pardonner tout de suite, je ferais tout ce que je peux pour me racheter, soit en sûre. Mais n'oublies pas pour autant que je suis toujours là et que je t'aime plus que tout.
Moi: Bill je ne veux pas te vexer mais pour l'instant c'est le cadet de mes soucis ok. Ma soeur est à l'hôpital dans un état critique, je suis loin de ma famille, loin d'elle, alors nos histoires de couple ça sera pour plus tard.
Bill: je sais bien mais...
Moi: y'a pas de mais! Tu réalises pas ou quoi? Elle est entre la vie et la mort!
Bill: ne dramatise pas, elle va s'en sortir.
Moi: et si c'est pas le cas? Tu peux me laisser seule s'il te plait?
Bill: heu... oui bien sur.


Avant j'aurais voulu qu'il me prenne dans ses bras à ce moment précis, et me berce comme un enfant effrayé par le noir, mais maintenant ce que je veux le plus, c'est être seule et retrouver au plus vite ma famille. Et par dessus tout je veux serrer ma petite Sara dans mes bras, sentir l'odeur fruitée de sa peau, la chaleur de sa chaire. Mais mon voeu est irréalisable aux heures d'aujourd'hui. Malgré cela je garde espoir, après tout ma mère a peut être exagéré et ce n'est pas si grave que ce qu'elle avait l'air de dire, ou alors elle a minimisé pour ne pas m'inquiéter... J'entends encore ces mots qui m'ont terrifiés "Ta soeur est dans un état critique à l'hôpital", ils tournent dans ma tête sans cesse. J'ai tellement peur de la perdre, de ne plus revoir son sourire si frais affiché à ses lèvres rosées, de n'avoir que pour souvenir ses yeux pétillants de malice. Elle n'a pas le droit de partir, non, pas sans moi.

......

Les heures d'avion ont été interminables, j'ai vu les minutes s'écoulaient une par une comme les grains d'un sablier. Bill s'est cantonné à rester à mes cotés sans pour autant essayer toute approche désastreuse. Il a bien senti que le moment ne serait nullement approprié pour espérer un quelconque rabibochage. Il attendra que je revienne vers lui lorsque je me sentirais prête et j'en suis reconnaissante.

Nous nous dirigeons vers l'hôpital. Dans le taxi seul les paroles de Tom prévenant Gustav et Georg de l'accident se font entendre. Ils souhaitent venir mais je les en dissuade à coup d'arguments parfois douteux. Comme le fait que d'être à quinze dans une salle d'attente ne changera rien, qu'ils sont bien trop loin pour arriver rapidement à l'hôpital et le dernier dont je suis la moins convaincue: que ce n'est peut être rien de grave et qu'avant même leur arrivée nous serions déjà rentrés à la maison. Finalement ils abandonnent et me font part de tout le réconfort dont ils peuvent faire preuve. Leur soutien me remonte le moral, ça me touche beaucoup, je les remercierais comme il se doit en temps voulu.

Les portes de l'hôpital s'offrent à moi, je m'y engouffre le plus sereinement possible. Il faut que je sois forte pour eux, ma mère va être effondrée, sans parler de mes tantes qui se sont certainement déplacées, contrairement aux frères et soeurs de ma mère qui ont dû à peine ciller en apprenant la nouvelle. Avec un faux air confiant et décidé je rentre dans ce dédale de souffrance. La secrétaire médical nous indique la chambre de ma soeur, 136, non sans avoir regardé suspicieusement les jumeaux m'accompagnant. Je cours à moitié pour rejoindre mes proches. Dans un couloir blanc immaculé j'aperçois mon frère, il est assis tête entre les mains entouré de mes parents à l'air tout aussi accablé. L'image m'arrache un pincement au coeur, très vite effacé par le réconfort de les revoir. Quentin remarque ma présence et tel un ressort se lève pour venir m'enlacer. Son étreinte est douloureuse, une larme chaude de sa part vient se loger dans mon cou. Je lui caresse les cheveux pour l'apaiser sans grand succès. C'est au tour de mes parents de venir à ma rencontre. Le visage de ma mère me choque presque, des larmes ravages ses traits tirés, un regard pétillant a fait place à des yeux bouffis et rougis à force de pleurer. Épuisée elle me prend dans ses bras elle aussi, plus pour que je la soutienne que l'inverse. Mon père tente de rester droit mais je vois très bien qu'il ne se porte guère mieux.


Maman: Oh ma chérie je suis contente que tu sois là. Tes tantes Isabelle et Nathalie ainsi qu'Alain sont allées se chercher un café, ils ne vont pas tarder à revenir, quand au reste de la famille ils n'ont pas pu se déplacer malheureusement.


Les jumeaux font part de leur compassion à leur tour, gênés ils ne savent pas vraiment quoi faire de leurs dix doigts. Quoi de plus normal? Ce genre de situation n'est pas vraiment la bien venue et y être confronté alors que nous ne sommes pas principalement visé peut être complexe à gérer. Mais je ne peux pas m'occuper d'eux pour l'instant.


Moi: Maman, que disent les médecins?


Je la vois tripoter nerveusement ses mains, l'anxiété apparaît sur son visage. Elle cherche les mots appropriés, mais y en a-t-il vraiment?


Maman: ils ne disent rien.
Moi: comment ça rien? Maman s'il te plait, dis moi.


Ses yeux se voilent, mon coeur en même temps.


Maman: elle a de multiple blessures ouvertes, le bras gauche de cassé, ses jambes n'ont pas été touché... mais plusieurs côtes ont été rompu et une a perforé le poumon droit, c'est ce qui inquiète le plus les médecins. Ils n'arrivent pas pomper le sang qui rempli ses poumons, sans parler du traumatisme crânien qui a déclenché une hémorragie interne. Elle est en train de se noyer dans son propre sang!


Chaque mot m'assène un coup violent au thorax, je me sens défaillir. Je suis à deux doigts de perdre l'équilibre. Elle était loin d'avoir exagérée au téléphone, au contraire... Comment mon petit ange va pouvoir se battre? La lutte est inégale, sans merci, meurtrière. Je m'appuie contre le mur glacial pour ne pas tomber à la renverse, j'inspire et expire le plus calmement possible. Ils ont tous les yeux braqués sur moi, je sens leur inquiétude comme si c'était la mienne. Ils savent tous à quel point je suis proche de Sara.


Moi: Je veux la voir!
Maman: ce n'est pas possible chérie.
Moi: JE DOIS LA VOIR!


Le silence s'impose dans le couloir froid.


Moi: laissez moi la voir s'il vous plait...


Un simple murmure s'échappe de ma bouche entre ouverte, tel un supplice. J'ai besoin d'elle, elle a besoin de savoir que je suis là. Un homme en blouse blanche que je suppose être docteur pénètre dans le couloir lourd de douleur. Je me précipite sur lui comme un animal blessé entrevoyant un espoir.


Moi: Docteur il faut absolument que je vois ma soeur.
Docteur: qui est votre soeur?
Moi: Sara Dizario.
Docteur: ah pauvre petite... Venez j'ai une nouvelle a vous apprendre ainsi qu'à votre famille.


Je le suis m'attendant au pire, même si pour moi il est atteint depuis longtemps. Nous arrivons après quelques mètres au niveau de mes parents entourés des garçons, mes tantes et mon oncle les ont rejoint entre temps.


Docteur: Madame et Monsieur Dizario il faudrait que je vous parle en privé.
Papa: c'est sur l'état de santé de Sara?
Docteur: oui
Papa: alors vous pouvez parler librement ici, de toute façon toutes les personnes ici présentes seront au courant à un moment ou à un autre.
Docteur: comme vous voudrez. Nous avons plongé votre fille dans un coma thérapeutique pour ne pas qu'elle souffre, la morphine n'agissait plus.


Ma mère retient un hoquet de stupeur. Tout le monde sait que la morphine est un des anti-douleur les plus puissants, le voir inefficace est alarmant. Le médecin se ressaisit et poursuit.


Docteur: mais il y a eu un problème... Le coma assisté s'est transformé en un coma véritable. Nous ne savons pas ce qui s'est passé. Il a plusieurs hypothèses, la plus plausible serait que son corps a réagi à ce faux coma comme à une nouvelle attaque et pour la protéger la fait tomber dans le vrai coma. Je suis vraiment désolé... Il ne reste plus qu'à espérer.
Maman: à espérer! À ESPERER! C'est à ça que vos dix années d'étude vous ont servit?! A espérer!
Papa: chérie calme toi. T'énerver ne servira à rien...
Maman: que je me calme? Notre bébé est en train de mourir bordel!


Des larmes dévalent ses joues creusées par la fatigue, à bout elle s'effondre dans les bras de mon père. Tant de douleur, de souffrance, de tristesse... Le monde continue de tourner alors que ma petite soeur non. Le temps s'est suspendu pour elle, pour un bref instant ou pour toujours? Je ne sais pas... Je pensais avoir atteint le fond mais en réalité c'est une descente au enfer que je suis en train de vivre. Comment cela a-t-il pu se produire? Comment d'une vie, certes mouvementée, mais dans le fond heureuse j'ai pu passer aux larmes, à la souffrance... Je ne m'imagine pas ma vie sans elle, ce n'est qu'une enfant innocente. Je me noie dans la blessure béante que j'ai à la place du coeur, cela en deviendrait presque physique.

Personne ne dit mot, pour dire quoi de toute manière? Tous, nous sommes dans un piteux état, affalés sur les sièges peu confortables du couloir. Et nous attendons, mais au fond qu'espérons nous? Un miracle? Peut-on encore l'envisager? J'y crois oui, pas pour moi, pour Sara. Parce que renoncer serait l'abandonner et jamais je ne ferais ça. Ma lucidité n'est plus vraiment de mise, juste une folie à laquelle je veux avoir foi.

......

Les heures défilent et personne n'a bougé, aucun médecin n'est venu nous faire entrevoir une quelconque amélioration. Puis un bruit assourdissant parvient à mes oreilles, trop habituées au silence de mort qui a pris possession de ce lieu. Deux visages familiers passent les battants de notre sanctuaire. D'abord la surprise, puis une joie éphémère. Georg et Gustav se dirigent vers nous. Ces idiots ne m'ont pas écouté et j'en suis heureuse. Je les enlace et leur montre ma gratitude à travers mon geste. Je vois dans les yeux des jumeaux un soulagement, ils ne sont plus seuls maintenant à subir la souffrance d'une famille en peine. Rapidement ils m'expliquent qu'ils ont sauté dans le premier avion pour la France, ensuite les jumeaux leur ont dit à quel hôpital nous étions par message. Leur présence me fait du bien, de savoir aussi qu'ils ont fait tout ce déplacement pour moi me flatte. Quelques minutes après se sont à nouveau trois personnes chères à mon coeur qui font leur arrivée. Mélanie, Maxime et Samantha. À cause de la panique je ne les ai même pas prévenu, ma mère s'est chargée d'appeler Mélanie qui a très vite fait passé le message. Malheureusement les autres n'ont pas pu venir, ils étaient en vacances... Les avoirs autour de moi me réconfortent, ils me soutiennent comme ils peuvent mais leur simple présence à tous m'apaise. Il n'y a qu'une personne absente à l'appel...


Moi: maman, tu penses que Nadège viendra...
Maman: ta cousine est en route.


À peine a-t-elle lâché sa réponse que je sens comme un poids s'envoler dans ma poitrine. Savoir qu'elle sera présente dans peu de temps me soulage. C'est la seule personne sur qui je peux me reposer. En temps normal je dois me montrer forte pour les autres, ne pas faiblir et leur redonner espoir, cacher ma peine, mon mal être. Mais avec elle c'est différent, avec elle je suis celle qui doit être protéger, celle qui doit être cajolé et non l'inverse. C'est un peu comme la grande soeur que je n'ai jamais eu. En sa présence je peux laisser ma souffrance apparaître, dévoiler cette partie de moi que je protège des yeux des autres. Pas que j'en soit moins proche, ou que je leur fasse moins confiance, juste que ce n'est pas la même chose. Chaque relation que nous entretenons avec notre entourage est unique, l'amour que nous portons à chacun est différent et incomparable. Je trépigne d'impatience, lorsqu'elle sera là je pourrais enfin me libérer.

Le médecin nous autorise enfin à aller la voir. Je veux rester seule avec elle, alors je laisse mes parents puis mon oncle et mes tantes en premier pénétrer dans sa chambre. Ils y restent près d'une heure, pendant ce temps mes amis tentent tant bien que mal de me changer les idées. Mélanie m'apprend que Chris a été repéré par un chorégraphe pendant notre spectacle de fin d'année grâce aux vidéos sur internet. Quelque chose de bien sera ressortie de ce bordel finalement. Georg lance deux trois blagues dont lui seul à le secret, il réussit même à m'arracher un sourire.

Je sens la main de quelqu'un se glisser dans la mienne, lorsque je regarde à qui elle appartient je me rends compte qu'il s'agit de Samantha. Elle m'offre un sourire bien veillant comme pour me dire qu'ils sont tous là. En retour je lui sers la main un peu plus que nécessaire. Les voir tous présent pour moi me réchauffe le coeur. C'est dans ces moments là qu'on voit qui sont nos vrais amis, ceux qui seront toujours là pour vous. J'arrive presque à me sentir bien mais lorsque la porte s'ouvre pour laisser sortir ma famille de la chambre de Sara, une bouffée de stresse s'empare de moi. Ma gorge se noue et une boule se forme au sein de mon ventre. Ils me lancent un regard qui se veut encourageant et je passe la porte de son nouveau monde.

J'entends la porte claquer derrière moi mais je n'y fais déjà plus attention. Une pièce aux murs blancs et à l'ambiance si peu chaleureuse renferme ma petite soeur. Elle est étendue sur un lit aux draps de la même neutralité. Son bras gauche est plâtré alors que le droit est perforé d'aiguilles en tout genre, reliées à des machines aux allures de monstres. Son visage angélique est meurtri par des griffures et plaies en cours de cicatrisation. Le bruit sans fin des machines me rappelle que ce n'est pas un cauchemar mais belle est bien la réalité. Lentement je m'approche du siège placé à sa droite, je ne fais pas de bruit comme si j'avais peur de la réveiller. Que je suis stupide! J'attrape sa main et ma première impression est qu'elle est glacée comme la mort. Je la sers à l'intérieur du cocon de mes deux mains pour la réchauffer, même si je sais que c'est peine perdue. J'admire sa peau de pêche et son teint blafard, ses cheveux blonds ont été ramené en arrière. Doucement je passe ma main sur son front et lui caresse avec toute la délicatesse dont je suis capable.


Moi: Oh ma petite puce... Qu'est ce qu'ils t'ont fait... Pourquoi toi mon ange... Tu es si jeune et pleine de vie, ce n'est pas ton heure, j'en suis certaine. Tu n'as pas le droit de partir, pas encore... Tu as toute la vie devant toi, tant de choses à découvrir que ça ne peut pas s'arrêter maintenant. J'entends encore ton rire quand Quentin te faisait des chatouilles, je vois ton sourire quand toute fière de toi tu avais rebaptisé la cuisine en essayant de faire un gâteau. Tous ces moments me rappellent à quel point tu m'es essentielle. J'ai besoin de toi... Alors ne pars pas, reste encore avec moi... Tu es mon oxygène Sara... Ma petite princesse... Je t'en supplie reste avec moi... T'as pas le droit d'abandonner, alors bats toi, de toutes tes forces... Je crois en toi Sara, je sais que tu es forte, plus forte de moi... Et puis je t'aime tellement, on t'aime tous alors ne nous laisse pas seul.

Des larmes coulent sur mes joues, je ne peux pas les retenir, je n'en ai plus la force. Je veux qu'elle revienne, je ne supporterais pas de la perdre, non pas elle. Épuisées je pose ma tête sur le rebord du lit et me laisse ronger par le chagrin. Les mots sont trop faibles pour faire partager cette douleur insupportable. J'ai mal, mal à en mourir. Si je pouvais, j'aurais pris sa place. J'ai si peur de la voir partir. Mes sanglots redoublent et j'ai l'impression que je vais m'étouffer avec. Si elle meurt une partie de moi va être tué elle aussi. Nous avons plus que du sang en commun, plus qu'un lien fraternel, nous sommes au dessus. C'est mon petit ange après tout, je vous en supplie ne couper pas ses ailes.

Après je ne sais combien de temps je décide de sortir de cette pièce qui ne m'inspire que la tristesse. J'essaye d'effacer mes larmes mais sans grand succès. Je regarde une derrière fois en arrière pour apercevoir comme un sourire au coin de ses lèvres, je dois certainement halluciner, ma douleur me fait perdre la tête. Je retrouve tout le monde dans ce même couloir avec cette même mine déconfite. Mes yeux en croisent d'autres verts émeraude, je cligne des yeux pour faire disparaître les dernières larmes et être certaine que je ne rêve pas. Ce n'est pas le cas.

Nadège court vers moi, tout comme moi à son encontre. Dans ses bras je me lâche complètement pour la première fois, de l'eau salée coule à nouveau de mes yeux que je pensais épuisés d'avoir pleurer. Elle passe sa main dans mon dos et me chuchote des mots réconfortants à l'oreille.


Nadège: je suis là maintenant... Tout va bien, tu vas voir, tout va s'arranger.
Moi: tu l'aurais vu... elle est toute blanche et froide...
Nadège: ne t'inquiète pas, vient on va discuter autour d'un café, tu veux?
Moi: oui.


Avec elle je suis comme une enfant dont il faut s'occuper, et aujourd'hui j'ai vraiment besoin de ça. Je la suis là où elle m'emmène sans broncher. Elle glisse des pièces dans le distributeur automatique et nous commande deux cafés. Lorsqu'ils sont prêts elle nous fait asseoir sur les fauteuils prévus à cet effet. Elle ne dit rien et attend que je me lance, elle ne veut pas me brusquer. Moi, je bois mon café et me brûle les lèvres avec son contenu bouillant.


Moi: j'ai peur Nadège...
Nadège: on a tous peur.
Moi: j'arrive pas à m'imaginer ma vie sans elle.
Nadège: tu n'as pas à le faire. Sara est une enfant aussi forte que sa grande soeur.
Moi: alors elle n'a pas beaucoup de chance de survivre.
Nadège: ne dis pas n'importe quoi, tu es une fille remplie de vitalité et d'énergie, sur ce point là vous êtes de vraie jumelle. Elle n'abandonnera pas si tu ne le fais pas. Elle sait que tu l'aimes, elle se battra, je n'en doute pas une seconde. Laisse lui le temps, elle va s'en sortir, c'est une battante. Fais lui confiance!
Moi: mais si...
Nadège: y'a pas de mais. Regarde moi! Je suis sûre et certaine qu'elle va guérir. Il faut plus que ça pour battre notre petite Sara. On est tous là pour elle et même dans le coma elle le sent, elle va s'en sortir tu entends! Maintenant tu vas te reprendre et pas te laisser abattre compris, qu'est ce que Sara dirait hein?! Je veux plus voir un visage triste et dépité, tu vas me faire le plaisir, d'espérer mieux que ça. Fais espérer tout le monde à ton tour!
Moi: oui je vais le faire, pour Sara!
Nadège: pour Sara!
Moi: merci Nadège.
Nadège: merci de quoi? De te mettre un coup de pied au cul pour te faire réagir? Mais avec plaisir alors.


Je souris devant son humour toujours à point nommé. Elle sait exactement comment s'y prendre pour redonner courage, cette fille est une perle. Revivifié, je retourne vers ce couloir blanc auquel je compte bien mettre un peu de couleur. Je crois que la transformation est surprenante puisque tous me regardent comme si je venais d'une autre planète.


Mel: Alex ça va?
Moi: oui.


Je m'approche de Bill est vient placer ma main dans la sienne, il me regarde surpris ne comprenant pas vraiment ce retournement de situation. Mais ne fait aucun commentaire et se contente de serrer ma main. Tom me lance un regard apaisé et l'ambiance semble comme se détendre. L'anxiété s'envole doucement. Chacun fait fuir ses sentiments pessimistes et noirs pour laisser place à l'espoir. Le couloir retrouve un semblant de vie, plus personne ne se morfond.
Oui maintenant j'y crois vraiment, je crois en toi petite soeur!




Je reprends du service finalement plus tôt que prévu^^
Finit la pause, de toute façon j'en pouvais plus LOL
Donc quand pensez vous de ce chapitre? Je sais qu'il n'est pas très joyeux, même si la fin est plutôt positive. Ce chapitre me tient vraiment à coeur, je l'ai écrit assez naturellement, je n'ai (pour la toute première fois) pas eu à chercher mes mots. J'espère que ça vous plait autant qu'à moi. En plus il est long XD
Comme toujours merci pour vos coms adorables, ils me donnent vraiment le sourire. Y'en a même une qui est cinglée de m'en laisser autant, moi je vous le dit^^ elle se reconnaîtra XD.
Merci aussi pour celles qui me souhaitent bonne chance pour mon bac, je vais en avoir besoin^^ et oui c'est lundi que le calvaire commence^^
Donc voilà MERCI pour tout.
Bisousssss


(J'aimerais bien trouver ma Nadège...)

PS: j'avais oublié les liens pour ceux qui avaient trouvé ce qui avait mis Alex dans cet état^^ alors les gagnants sont....* roulement de tambour*....:
fanficth29-2 ( merci pour tes coms qui me permettent vraiment de m'améliorer)
fic-carpediem483 (je suis de tout coeur avec toi <3)
Nichts-ohne-dich (merci pour les nombreux coms que tu me laisses et oui si tu veux tu n'es pas cinglée^^)
# Posté le samedi 14 juin 2008 16:34
Modifié le mercredi 02 juillet 2008 16:13

chapitre 49: le temps passe et toi que fais-tu?

chapitre 49: le temps passe et toi que fais-tu?
Me revoilàààààààààààààààà

Ah enfin en vacances! Depuis ce soir 17h30 je suis officiellement en mode de glandage intensif^^.

Comme vous vous en doutez j'ai fini de passer le bac et l'appréciation général est pas forcément excellente, c'est bof en gros (appart l'espagnol en LV1 en plus où c'est catastrophique, fallait bien que je plante une matière. Valait mieux ça que l'SVT quand même, pas les même coef^^). Mais c'est leur faute aussi, ils nous mettent des indices dans les sujets qui sont sensés nous aider alors quand réalité pas du tout, c'est tellement évident que du coup tout le monde doute, moi y compris quand à y faire. Mais bon je suis quand même contente, vu mes révisions ça me va ce que j'ai fait.

Par contre mes heures de sommeil ont en pris un coup, 6 hrs maximum par nuit ça fait pas beaucoup. Du coup demain je vais rattraper ça comme il se doit XD.

Maintenant je souhaite bonne chance pour ceux qui passent leur brevet, leur bac de français ou tous autres examens, et oui je vous oublie pas^^
MERDE à tous et j'essaye de vous mettre une suite demain (elle est pas encore finie désolée)

Pix: ils sont pas trop chou?! Ils respirent la joie de vivre.

Bisousssssssss



La nuit est tombée dans ce même couloir où nous avons élu domicile, il ne reste plus que Bill, Sam, Mélanie, Nadège et moi. Mes parents étaient épuisés, c'est à peine si ma mère tenait debout. Le reste de la famille n'était pas dans un meilleur état, ils sont arrivés à l'hôpital bien avant moi. Les garçons voulaient rester mais je les en ai dissuadé, ils ont déjà fait beaucoup, Bill n'a rien voulu entendre. Quant à Max il a dû partir parce qu'il n'y avait personne chez lui pour s'occuper de son petit frère. Du coup tout le monde loge à la maison, je ne sais pas comment mais ce n'est pas vraiment ma préoccupation première.

Pour la énième heure nous attendons. Maintenant une ferveur nous anime, une voix me dit que tout n'est pas perdu et c'est Nadège qui l'a réveillé. Je ressens la vie qui émane de Sara, je perçois la puissance de son combat et je sais qu'elle n'a pas abandonné. Même si les médecins n'observent aucune amélioration sur leurs nombreuses machines, je respire le lien que nous partageons. Je la sens encore avec moi.

Nous avons rapproché les chaises comme pour se soutenir par notre proximité, les infirmières ont été assez aimables pour nous apporter des couvertures. J'ai posé ma tête sur les genoux de Bill, machinalement il me caresse les cheveux. Je l'entends discuter avec Nadège qu'il rencontre pour la première fois ainsi que le reste des filles. Je ferme les yeux pour les reposer, Sam doit en déduire que je dors sinon elle n'aurait pas posé la question suivante en me sachant éveillée.


Sam: tout va bien entre toi et Alex?


Je sens bien dans sa voix que l'interrogation n'est pas innocente.


Bill: heu oui enfin presque...
Sam: Bill?
Bill: on a eu un petit différent avant de partir des Maldives.


Petit? J'appellerais pas ça petit moi.


Sam: il s'agit de quoi si ce n'est pas trop indiscret?
Bill: pour faire vite j'ai fait le con...
Sam: tu l'as pas trompé quand même?
Bill: ça va pas?! Jamais je ferais ça! Non je lui ai pas fait confiance alors qu'il n'y avait aucune raison, enfin sur le moment j'en voyais plein moi mais avec du recule j'ai été complètement paranoïaque. C'est pour ça qu'entre nous en ce moment c'est pas trop l'effusion quoi.
Sam: on avait remarqué.
Bill: mais je l'aime tellement, je vais tout faire pour me racheter et peu importe si ça prend du temps. J'attendrais qu'elle revienne vers moi.


Ses mots me touchent, certes il me les a déjà dit mais dans ce contexte c'est différent. Je me pelotonne contre lui et fait passer cela pour un sommeil agité alors qu'il n'en est rien.


Nadège: en tout cas prend bien soin d'elle, elle en a besoin.


Finalement mon sommeil simulé devient véridique très vite. Je m'endors l'esprit plus léger que quand je suis arrivée ici mais des rêves m'assiègent. Dans le premier je me vois sur un lit d'hôpital exactement dans la même position que Sara dans sa chambre à l'heure actuelle. Et c'est elle qui est à mon chevet, elle est assise sur le fauteuil à ma droite, elle me sourit et semble confiante. Puis un voile se pose sur la scène et une nouvelle apparaît. Je suis cette fois dans le noir quasi-total, Bill se tient devant moi, nous nous embrassons et ensuite je pose ma tête sur son épaule. En face de moi se tient un miroir mais ce n'est pas moi que je vois dans le reflet, c'est Samantha.

Suite à ce dernier rêve je me réveille un peu en sursaut, la journée de hier m'a vraiment beaucoup chamboulée pour que je fasse ce genre de rêve. Je le chasse de ma mémoire et regarde qui est debout mais ils sont tous dans le pays des songes. À l'horloge du couloir il est indiqué sept heures trente. Je me retire des genoux de Bill et lui monte la couverture jusqu'au cou. Je les laisse comme ceci et sors de ces murs blancs pour aller leur chercher de quoi petit déjeuner. Le vent frais fini de me réveiller, il rafraîchit mes joues rosies par la chaleur du sommeil et sans doute de Bill. Quelques rues parcourues et je tombe sur une boulangerie, j'y prend des viennoiseries pour tous. De retour à l'hôpital je dépose le festin à coté d'eux et pars commander cinq chocolats chauds au distributeur automatique.

Quand je reviens Bill est le seul à être réveillé et il semble encore émerger. Je m'approche de lui et m'assois à ses cotés, je lui tends son chocolat. Il en boit une gorgé mais le repose très vite, il doit être brûlant. Il s'adosse au dossier et je viens me caler contre lui, il m'entoure de ses bras. Je suis bien là.


Bill: bonjour


C'est le signal qu'il est opérationnel.


Moi: bonjour, bien dormi?
Bill: comme on peut avec une marmotte sur les genoux.


Je souris à sa boutade et me contente de lui donner un baiser dans le cou, auquel il me répond avec un sur le front. Ce n'est pas encore comme avant, je me demande même si ça le sera un jour. Mais il est là, dans ce moment dur, pour moi et à mes yeux cela vaut tout l'or du monde. Il a dérapé mais ce n'est pas comme s'il m'avait trompé, il a juste été d'une jalousie paranoïaque. C'est vrai que je suis proche de Tom, mais quand on aime l'un des deux jumeaux c'est dur de détester l'autre. Ils se ressemblent tellement, sur de si nombreux points. À travers l'un on peut voir l'autre, s'en est même inquiétant. Bill semble comprendre même s'il ne m'enlèvera pas de l'esprit qu'il garde une certaine méfiance sur ce sujet, peut être qu'une de ses ex l'a trompé avec Tom? Mais je ne vois pas Tom faire enduré ça à son frère. Je préfère stopper là toute cette réflexion farfelue qui ne mènera sans doute nul part. Ce qui est fait et fait, rien ne changera ça, il ne reste plus qu'à avancer.
Je me décolle de lui et m'apprête à aller dans la chambre de Sara pour lui dire bonjour et passer un peu de temps avec elle.


Bill: tu veux que je vienne avec toi?


Cette possibilité ne m'avait pas effleuré l'esprit. J'hésite un moment puis réalise qu'il est certainement la personne la mieux placer pour me comprendre dans cette situation, il est tellement proche de son frère. Je lui fais signe de me suivre. Je pose ma main sur la poigné et l'abaisse doucement. Sara n'a pas bougé d'un pouce, elle est exactement comme hier. Je m'approche d'elle et vient l'embrasser sur le front. Au contact de sa peau froide je frissonne, sa chaleur me manque, elle me manque... Je glisse ma main dans la sienne.

Moi: coucou princesse, comment tu vas aujourd'hui? Moi ça va, papa et maman sont inquiets tu sais. D'ailleurs ils ne vont pas tarder à arriver les connaissant. Aujourd'hui il y a un beau soleil dehors qui n'attend plus que toi. Sinon rien de bien intéressant, la routine quoi...

Je me surprends à lui faire la conversation comme si elle était parmi nous. Une boule se forme au creux de mon ventre, je suis pitoyable... Bill prend ma main libre dans la sienne, sa peau chaude me rassure. Mes yeux me picotent mais je retiens toute effusion, je crois en Sara donc les larmes sont inutiles.


Bill: je sais à quel point ça doit être dur pour toi... Quand j'étais petit, je devais avoir dix ou onze ans je sais plus, Tom a été hospitalisé d'urgence pour une infection à l'origine bénigne qui s'était brusquement étendue et aggravée. Il est resté une dizaine de jours à l'hôpital et ça a été les dix jours les pires de ma vie. J'ai eu si peur pour lui, peur de le perdre. Je me disais que sans lui je n'étais plus rien, que je perdais une partie de moi. Finalement ce n'était pas si grave que ça mais à cet âge on exagère tout. Les deux seules choses que je me rappelle clairement sont cette boule au ventre quand il est rentré à l'hôpital et cette même boule qui s'est envolée quand il en est sorti.


Pendant qu'il me raconte son histoire il ne cesse de fixer Sara. Je l'écoute attentivement, c'est la première fois qu'il m'en parle. Lorsqu'il a fini, par réflexe, je le prends dans mes bras. Il me rend mon étreinte et m'embrasse sur la joue. Cette fois ci je dépose mes lèvres sur les siennes, il m'apparaît agréablement surpris et prolonge un baiser que nous n'avons pas eu depuis une éternité à mes yeux. Ses lèvres m'ont tellement manqué que je ne veux plus les lâcher. Un regain d'énergie me fait sourire.


Bill: je t'aime.
Moi: moi aussi je t'aime.


Peut être que tout peut revenir comme avant en fin de compte.

......

Les jours passent et se ressemblent. Les médecins préfèrent ne pas nous donner de faux espoir en fixant une date possible pour son réveil, si il y en un. Du coup l'incertitude persiste et signe. Ma famille à dû partir hier pour obligation professionnelle. Il ne reste plus que Nadège, Mel, Sam et les garçons. Je leur ai dit que ça ne servait à rien qu'ils restent ne sachant pas quand elle pourrait se réveiller. Mais c'est à peine si ils m'écoutent. Leur entêtement me fait chaud au coeur.

......

Bientôt quinze longs jours de passés et toujours les mêmes personnes à l'appel. Mes parents ont dû reprendre le travail à contre coeur eux aussi. Et pas d'amélioration, nada, niet, que chi... Ma détermination commence à flancher, et si finalement elle ne sortait pas du coma? Et si elle restait des mois voir des années dans cet état? Je ne sais plus quoi penser, quoi espérer. Tout le monde est là mais je me sens terriblement seule. Dans ce couloir que je connais que trop bien maintenant, j'observe les personnes y résidant comme moi. Je scrute comme une personne extérieure à la scène, m'occupant l'esprit en analysant les autres.

Tom et Mel se sont rapprochés c'est indéniable. Ils parlent beaucoup, rient et ont parfois des gestes attentionnés l'un envers l'autre. J'ai l'impression que finalement cette one night n'en sera peut être pas une, je m'avance certainement mais pourquoi pas. Nadège, Georg et Gustav semblent bien s'entendre eux aussi. C'est souvent que je les entends polémiquer sur des sujets épineux. Il n'est pas rare que ceux soient les derniers à s'endormir. Bill et Sam eux aussi restent la plupart du temps ensemble. Ils ressassent leur passé commun, déclanchant des fous rires incontrôlés.

Quant à moi je me suis mise à l'écart inconsciemment. Sans Sara je ne suis plus la même. Même s'ils partagent ma peine se ne sera jamais la leur. Ils ne ressentiront pas ce manque qui me tiraille continuellement. Ils ne se réveilleront pas en sursaut la nuit haletante après avoir rêvé que Sara partait définitivement. Je suis seule, dans ces moments là on l'est toujours...

Brusquement, sans crier gare, une montée d'adrénaline me parcourt le ventre. Je la sens monter par à coup dans mon être, c'est une sensation bizarre, je ne sais pas à quoi elle est due. Elle n'est pas agréable mais pas profondément désagréable non plus. Tout à coup des médecins s'agitent et se précipitent accompagnés d'infirmières dans la chambre de Sara. Je veux rentrer aussi mais ils m'en refusent l'accès. Je ne sais pas ce qui se passe et personne ne veut me le dire.

Sara, as-tu gagné ou perdu?



Et voilà le chapitre suivant.
Je suis désolée, je vous avais dit que je le posterais plus tôt mais mon internet n'était pas d'accord^^
Quand pensez vous? D'après vous qu'est ce qui est arrivé à Sara?
Et sinon pour ceux qui sont allés au Parc des Princes s'étaient comment? Racontez moi tout XD
Moi j'ai fêté la fête de la musique entre amis en ville et c'était super!Y'avait une ambiance géniale, de bons groupes et Toulouse éclairait la nuit c'est magnifique.

PS: Manue, je te réponds ici parce que par messagerie je peux pas, encore un caprice de mon ordinateur -_-' Donc oui y'a bien une erreur mais comme tu es la seule à l'avoir remarquer je n'ai pas réécrit le chapitre. Tu as bien suivi XD

Bisous
# Posté le jeudi 19 juin 2008 16:43
Modifié le mercredi 02 juillet 2008 14:00

chapitre 50: dis moi que tout peut redevenir comme avant.

chapitre 50: dis moi que tout peut redevenir comme avant.
J'ai dépassé les 2 000 coms
merci pour tout les filles!
et je tenais à te remercier particulièrement nichts-ohne-dich. je ne fais pas de favoritisme mais là c'était obligé^^.
Je voulais aussi vous dire que le projet d'écrire une fiction était vraiment un défi pour moi et qu'avec vous j'ai l'impression de l'avoir relevé avec succès.
bisousssssssssss



L'agitation inhabituelle du couloir du troisième étage se propage à ses occupants. Le doute s'empare des esprits, personne ne sait. Tout le monde se regarde perplexe. Ils me fixent en espérant que je leur apporte une réponse mais je n'en ai malheureusement pas. Je sens le stresse jouer au yoyo dans mon ventre, ma fébrilité me rend nerveuse. Je n'arrête pas de bouger dans tous les sens, m'asseoir pour me relever la minute d'après, croiser mes jambes pour les décroiser ensuite... Qu'est ce qui se passe à la fin? Une minute... deux minutes... dix minutes... Un médecin sort enfin de la chambre de Sara. Je lui saute littéralement dessus.

Moi: alors?

Je me prépare psychologiquement à encaisser le coup, d'une certaine manière je m'y étais préparée. J'attends la sentence comme un condamné sa peine. Je ferme les yeux face à la joie ou au malheur qui va m'exploser à la figure d'ici quelques secondes.


Docteur: elle est sortie d'affaire!

Mon coeur s'arrête de battre. Ai-je bien entendu? Lorsque j'ouvre à nouveau les yeux la scène de liesse générale m'éblouie. Ils sont tous euphoriques alors que moi je ne réalise pas. C'est fini... vraiment fini... De soulagement je me laisse glisser contre le mur, j'ai l'impression que le poids que je supportais jusque là s'envole loin de moi. Je ne ressens plus cette pression qui me retenait prisonnière, je suis libre. Libre comme ces larmes de joie qui dévalent mes joues.

Quelqu'un vient m'enlacer, je ne sais même pas qui sait, en fait il y a plusieurs personnes même. Je sens des bisous, des caresses réconfortantes, des mots d'encouragements. Ça fait tellement de bien, je plane littéralement. La seule chose qui me manque est de serrer ma petite Sara belle est bien vivante dans mes bras. Je me défais difficilement de leur étreinte chaleureuse et me dirige vers sa chambre.

Ouvrir cette porte ne me provoque plus cette atroce sensation qui me retournait le ventre, non elle a disparu. Je vois ma petite s½ur encore accrochée à un moniteur qui contrôle son rythme cardiaque ainsi que sa tension artérielle. Les relevés semblent constants. Elle dort paisiblement cette fois, ses traits ne sont plus tirés. Je m'approche d'elle pour toucher sa peau, elle est chaude, divinement brûlante.

En lui frôlant la joue de ma main elle ouvre ses petits yeux ensommeillés. Elle m'offre son plus beau sourire, celui qui me rappelle que ce monde n'est pas si laid au fond.


Sara: coucou

Sa voix est faible, il lui faudra du temps pour se remettre totalement mais elle est jeune. Elle l'a. Je lui réponds à mon tour et ne peux m'empêcher de laisser une larme dévaler ma joue.

Sara: pourquoi tu pleures?
Moi: parce que je suis heureuse.
Sara: c'est pas normal ça

Sa réflexion infantile me fait rire. Après tout elle a raison, pleurer est signe de tristesse alors je sèche mes larmes. Bill m'avait dit que lorsque son frère avait été hospitalisé la chose dont il se rappelait nettement était cette boule qui s'était évaporée de son ventre quand il était sorti. Je ressens la même chose, comme par enchantement elle n'est plus là.

Je plonge mes yeux dans les siens, je m'y noie pour être honnête. Ça fait tellement de bien, retrouver celle qui fait partie de vous, ressentir son regard vous parcourir, revoir son âme au creux de son iris coloré. Je pourrais rester des heures durant à la contempler. Je me retrouve en le retrouvant elle. Ces deux dernières semaines seront marquées à jamais dans ma mémoire. Jamais je n'oublierais cette peur au creux de mon être, se semblant de n'être qu'une âme en perdition, le reflet de soi-même. Mais tout cela est derrière moi maintenant, le temps mort est terminé.

La nouvelle a très vite était propagée, en quelques dizaines de minutes la totalité des personnes à prévenir l'étaient. Un soulagement identique se faisant entendre au bout du téléphone. La vie peut reprendre son cour. Le quotidien se remet en marche avec Sara dans ses pattes.

......

Les garçons doivent repartir dès demain matin. Leurs vacances, si on peut encore appeler cela comme ça, sont achevées. Les trois semaines se sont déjà écoulées, David leur a téléphoné pour leur donner l'horaire de l'avion qui les ramènera à Berlin. Il a aussi énoncé un bout du programme à venir et il n'est pas de tout repos. J'aurais aimé que Bill reste plus longtemps mais ce n'est pas possible et je le sais bien. J'étais prévenue dès le début que son train de vie ne serait pas facile à vivre mais c'est comme ça, personne ne peut rien y changer...

Sara est sortie de l'hôpital, elle a une hygiène de vie très stricte à suivre pendant près d'un mois. C'était à prévoir, on ne se remet pas d'un coma comme ça. Mes parents travaillent c'est donc moi qui vais devoir y veiller. Je ne prends pas cela comme une corvée, j'aime m'occuper d'elle. Après avoir été à deux doigts de la perdre on relativise sur beaucoup de chose.

Ce soir j'ai proposé aux filles de dormir une dernière fois à la maison pour les remercier ainsi que les garçons. Mais eux n'ont pas vraiment le choix, je ne les aurais quand même pas fait coucher à l'hôtel. Avant que chacun regagne le lit ou plutôt le matelas qui lui a été attribué, je leur demande de tous venir dans ma chambre. C'est le moment du discourt de remerciement et je ne suis vraiment pas douée pour ça.


Moi: donc voilà je tenais à vous dire un énorme merci pour les derniers jours que vous avez enduré avec moi. Votre présence à tous m'a beaucoup touché premièrement, même si j'avais dit à certain de ne pas venir...


J'appuie mon regard sur Georg et Gustav bien évidemment, ils font l'air de rien et sifflotent.


Moi: je suis bien contente finalement qu'ils ne m'aient pas écouté. Je pense sincèrement que je n'aurais pas tenu le coup sans vous. C'est dans ces moments là qu'on voit l'importance que les amis peuvent avoir et pour moi vous en êtes tous de très chères. Jamais je ne pourrais vous montrer toute ma reconnaissance mais vous pouvez être certain en tout cas que vous l'avez entièrement.
Mel: continues comme ça et tu vas nous faire pleurer.
Tom: t'as vraiment le don pour tout casser toi! J'étais dedans moi.
Mel: pauvre Tom je lui ai cassé son petit moment d'émotion.


Il lui tire la langue et prend l'attitude d'un gamin boudeur. Sa moue infantile fait rire tout le monde. Après cette relative détente, exténués par ces derniers jours, à à peine dix heures, tout le monde se couche. Georg, Gustav et Nadège dorment dans la chambre de mon frère alors que les jumeaux, Mel et Sam dans la mienne. Pendant qu'ils s'installent je m'éclipse quelques secondes pour aller embrasser ma soeur dans son sommeil paisible.

Lorsque je reviens ils se sont déjà installés. Mel et Sam sont dans un matelas pneumatiques deux places, Tom est aussi dans le même genre de matelas mais une place, quant à Bill il est allongé dans mon lit. Tom n'arrête pas de gesticuler dans tous les sens pour se trouver une place confortable, en plus de ça il râle pour changer.


Tom: c'est vraiment autre chose que les matelas des hôtels.
Moi: vaut mieux parce que si à l'hôtel ils vous faisaient dormir sur des matelas pneumatiques ça foutrait mal. Au fait Bill qu'est ce que tu fais là?


Il me regarde étonné ne sachant pas vraiment où je veux en venir.


Bill: ben quoi? Tu veux pas qu'on dorme ensemble?


Il n'y a plus aucun bruit, même Tom a arrêté tout son vacarme. Ils ont certainement peur qu'en réalité entre Bill et moi ça n'aille pas aussi bien que l'image qui ressort de notre couple maintenant. Je me rends compte alors que les chamailleries qu'on avait avant ne seront pas pour tout de suite. C'est trop tôt apparemment pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur un possible fond méchant.


Moi: Laisse tomber! C'était pour rire.


Je vois Mel et Tom souffler de soulagement. Je glisse dans mon lit, mais Bill ne vient pas me prendre dans ses bras, il doit certainement attendre que je vienne de moi même. Je me rapproche alors de lui et viens poser ma tête sur son torse, automatiquement il vient de sa main me caresser les cheveux et me dépose un baiser sur le front. J'éteins la lumière.


Tom: au fait tout les deux là haut, pas de cochonneries ok?!


En réponse il se reçoit un oreiller dans le visage qui lui arrache un "aïe" sonore. Bizarrement il ne vient pas de Bill ni même de moi.


Mel: et c'est toi qui ose dire ça?! T'as du culot quand même!
Tom: et pourquoi je te pris? Dans cette chambre y'a qu'eux qui seraient susceptibles de faire quoi de ce soit. Attends je crois comprendre, tu veux dire toi et moi??? Ah non une fois ça m'a suffit!
Mel: tu disais pas ça quand...
Moi: hop hop hop on s'arrête là les jeunes, tout le monde ne veut pas connaître le contenu de vos ébats.
Tom: y'en a eu qu'un.
Moi: ben même on veut pas connaître le contenu de VOTRE ébat.
Bill: moi je sais déjà de toute façon...
Mel: pardon? Rassure moi Tom tu lui as pas raconté?
Tom: ben...
Bill: il a la langue trop bien pendu pour ça voyons. Au fait Georg et Gustav sont au courant eux aussi.
Mel: Tom je vais te tuer! Je pourrais jamais plus vous regardez dans les yeux maintenant, quelle honte!
Bill: t'inquiète pas, c'était plutôt positif comme compte rendu.
Tom: Billlll!


Il sourit tout fière de lui, je l'embrasse furtivement et essaye de m'endormir pendant que Mel tente de faire avouer Tom sur ce qu'il aurait pu dire. La joyeuse troupe est sur le point de retrouver les bras de Morphée quand évidemment Tom l'ouvre.


Tom: vous pensez qu'ils font un truc à trois dans l'autre chambre?
Tous: Tom!!!
Tom: ok ok ça veut dire non je suppose.


......

Le jour effleure les volets encore fermés, avec une lenteur exagérée je sors d'une nuit sans rêve. J'ouvre les yeux et suis surprise de voir que tout le monde est déjà réveillé et descendu à la cuisine certainement. Il ne reste plus que Bill assis sur le bord du lit. Je me rapproche et viens me mettre derrière lui, je passe mes mains sur son torse et dépose de simples baisers sur son épaule nue.


Bill: j'ai bien réfléchi cette nuit et je me suis dit que ça serait bien que tu viennes à Berlin avec nous.


À ces mots je stoppe toutes actions. Il ne bouge pas.


Moi: je ne peux pas Bill... Il faut que je m'occupe de Sara et puis tu auras beaucoup de boulot là bas, on ne se verra pratiquement pas.
Bill: je savais que tu répondrais ça.


Puis il se lève sans même un regard pour moi et sort de la chambre. D'un coup je me sens mal, j'ai vraiment cru qu'entre nous tout pouvait revenir comme avant mais je me suis voilée la face. Rien ne peut être identique à ce qu'il a été, par définition c'est impossible. Une distance inconnue nous sépare, quelque chose interfère, je ne peux même pas mettre un mot dessus. Je ne veux pas que ça prenne de l'ampleur mais je ne sais pas non plus comment le stopper. C'est trop fluide, immatérielle, comme de l'eau qu'on ne peut pas retenir au creux de ses mains...

Le pas lourd je descends à mon tour, dans la cuisine ils sont tous présents. L'ambiance est morose le temps aussi. Mécaniquement chacun se prépare, rassemble ses affaires et se donne du courage pour les aux revoirs.

Une heure plus tard, nous sommes sur le pas de la porte. Pas un mot ne s'échappe, pour dire quoi après tout? Il n'y a rien à ajouter. Encore une séparation, encore des adieux, encore des à la prochaine... La scène se rejoue inlassablement, j'en ai marre de la vivre. Les embrassades sont de mises. Bill m'embrasse un bref instant sans grande passion, je sais qu'il est amer. Tom dépose un baiser au coin des lèvres de Mel, ce qui a pour effet de la faire rougir.

Leur taxi klaxonne pour signaler sa présence, ils montent à bord et le véhicule les emmène loin. Chacun rentre dans son monde respectif, celui qui nous a accueilli n'est déjà plus qu'un songe...





Excusez-moi d'avance pour ce chapitre loin d'être excellent. Je sais bien qu'il n'est pas super, encore désolée. Donc j'attends quand même vos avis hein^^. Pour uen fois j'ai pas grand chose à dire, c'est rare, profitez XD
Bisous
# Posté le mercredi 25 juin 2008 11:15
Modifié le mercredi 02 juillet 2008 16:21

chapitre 51: un nouveau joueur, une nouvelle carte

chapitre 51: un nouveau joueur, une nouvelle carte
Un mois de passé. Les jours s'égrainent les uns après les autres. La cruelle monotonie accable mon ciel. Des coups de fils réguliers de Bill me sont adressés, des après midis sont passés entre amis, des soirées en famille et des nuits seule. Les soins de ma soeur sont pour ainsi dire terminés, elle s'est remise plutôt vite. Les médecins disent que c'est parce qu'elle est jeune, moi je dis que c'est parce qu'elle est forte. À vrai dire mes journées étaient assez routinières jusqu'à avant hier.

Mais un appel impromptu a bouleversé mon programme du week end. Bill m'a téléphoné pour m'inviter à passer trois jours chez lui, enfin chez ses parents. Dans l'emploi du temps du groupe il y avait un petit passage à vide et David leur a permit de rentrer chez eux. Au début j'ai ai été plutôt réticente, c'est la première fois que je rencontrerais sa famille mise appart Tom. Cela me stresse un peu, j'ai peur de ne pas faire bonne impression auprès de ses proches. Mais finalement, beau parleur qu'il est, il a réussi à me convaincre et me voilà donc dans l'avion direction Hambourg.

......

Le voyage n'a pas été bien long. À l'aéroport un chauffeur m'attend m'expliquant pour des raisons évidentes que Bill n'a pas pu venir lui même. Il prend ma valise et la met dans le coffre de la voiture, il m'invite ensuite à y entrer. Doucement nous nous éloignons du centre ville pour nous diriger vers la banlieue bourgeoise. De multiples lotissements aux jardins entretenus bordent la route vide de monde. Après avoir tourner une dizaine de minutes dans cet environnement agréable il s'arrête devant une maison au crépis blanc et volets marrons. Une allée en gravillon se prolonge jusqu'à un garage indépendant. La maison de l'extérieur semble de taille standart, il n'y a aucun signe d'opulence, non de la simplicité uniquement.

Je descends de la voiture et me dirige vers le coffre pour en sortir ma valise. Le chauffeur se précipite à mon encontre agréablement surpris de mon intention et me lance un sourire. C'est vrai que la plupart des gens qu'il conduit ne doivent pas être du genre à porter leur valise tout seul. Je le laisse finalement faire. Il m'accompagne jusqu'au devant de la porte et sonne. J'attends des pas lourds et précipités descendre les marches d'un escalier, rien qu'au son je reconnais le propriétaire. La porte s'ouvre sur Tom.


Tom: salut Alex, bonjour Jack.
Moi: salut.
Jack: bonjour monsieur, voila votre colis.


Il me regarde en souriant, il salut Tom une nouvelle fois et retourne vers sa voiture. Tom me fait entrer et porte même ma valise. Je me déchausse timidement et le suis jusqu'à ce que je suppose être un salon.


Tom: le voyage s'est bien passé?
Moi: oui, y'a pas eu de problème.
Tom: tu veux quelque chose à boire?
Moi: oui de l'eau s'il te plait.
Tom: ok je vais te chercher ça et après je te fais visiter la maison.


Il disparaît dans la cuisine, enfin disparaître n'est pas vraiment le terme puisque de là où je suis je le vois encore. Entre les deux pièces il n'y a qu'un bar qui départage l'espace. Pendant qu'il prépare mon verre il me dit.


Tom: Au fait il n'y a que moi à la maison comme tu peux le voir. Bill est sorti voir des amis, d'ailleurs il est avec Sam et Andréas normalement, maman travaille et Gordon aussi, ils rentreront que ce soir.
Moi: ok d'accord, mais je savais pas que Sam était en Allemagne.
Tom: elle te l'a pas dit? Pourtant ça fait déjà deux ou trois jours qu'elle est là. Elle habitait pas loin d'ici avant et là elle loge chez son oncle et sa tante qui sont restés dans notre bon vieux pays.
Moi: mmm... et tu sais quand Bill doit rentrer?
Tom: on sait quand il part mais quand il revient c'est autre chose.


Il revient de la cuisine et me tend mon verre d'eau.


Tom: voila miss.
Moi: merci.


Je l'avale d'une traite et me lève pour aller le laver.


Tom: non laisse c'est bon je vais m'en occuper.
Moi: oula je te reconnais plus Tom.
Tom: moque toi va, pour une fois que je suis serviable profite.
Moi: ok j'oublierais pas. D'ailleurs pourquoi t'es là toi?
Tom: ben hier je suis sorti donc je suis un peu crevé et je me sentais pas de les suivre partout. Tu t'en plaints d'ailleurs? Parce que je serais pas là tu te serais retrouvée à la porte jeune demoiselle.
Moi: oh tu es mon sauveur Tom!!!!


On rigole de nos bêtises et il m'embarque pour une visite du propriétaire. En réalité la maison est sur deux étages. Lorsque nous sommes dans l'entrée sur la droite il y a directement une cuisine aménagée, ouverte sur le salon et la salle à manger adjacente. La décoration est colorée, il y a quelques objets exotiques mais principalement des tableaux. La plupart du temps dans les couleurs pastelles, ils apaisent la maison. Il y a aussi d'innombrables photos des garçons, jeunes comme de maintenant. Je les observe avec un sourire niais accroché aux lèvres. Ça me fait bizarre de voir ces images d'eux au naturel dans leur famille, dans des lieux communs et important à leurs yeux. Dessus, se ne sont pas les stars du rock adulés par des milliers de fans, juste deux gamins profitant de la vie entourés de ceux qu'ils aiment.

À l'étage quatre chambres se font face. Sur la droite il y a celles des garçons, la première appartenant à Tom. Elle est assez spacieuse et a une décoration incomparablement adolescente. Des posters de chanteurs et de femmes aux formes avantageuses recouvrent la tapisserie. Un léger désordre y règne mais rien de choquant. Celle de Bill est à peu près dans le même état, sauf que les posters ne sont pas les mêmes. En vis à vis de la chambre de Bill se trouve celle d'ami, toute simple. À coté se sont sa mère et son beau père qui y dorment. La salle de bain est au fond du couloir.

La maison respire la fraîcheur, il y a de quoi s'y sentir bien. L'extérieur est tout aussi agréable, de grands arbres qui ombragent une terrasse et quelques massifs de fleurs résident par ci par là. Nous restons dehors à discuter, c'est une belle journée qui nous est offerte, il ne reste plus qu'à profiter.

......

La porte d'entrée s'ouvre et laisse entendre des rires. Tom va voir de qui il s'agit, quelques minutes plus tard il revient en compagnie de Bill, Sam et un jeune homme que je suppose être Andréas. Je n'ai pas le temps de dire bonjour que Bill me sert déjà dans ses bras. Doucement il me chuchote à l'oreille.


Bill: tu m'as tellement manqué.
Moi: toi aussi.


Il dépose ses lèvres sur ma bouche et y applique une douce pression. Un mois sans ce contact ravive immédiatement des milliers de sensations en dormance. C'est comme se réveiller après avoir dormi des années, je comprends mieux la belle au bois dormant maintenant. Mais l'instant se rompt quand un raclement de gorge peu discret se fait entendre.


Andréas: je voudrais pas vous déranger mais si tu nous présentais ça serait bien.
Bill: oui désolé alors Alex voici Andréas et Andréas voici Alex.
Andréas: enfin je te rencontre, depuis le temps que j'entends parler de toi, enchanté.
Moi: moi de même.
Tom: bon j'ai faim moi.
Andréas: bizarrement on s'y attendait pas.
Tom: pff au fait qui t'as invité toi?
Andréas: moi? Y'a longtemps que j'ai plus besoin d'invitation pour squatter chez vous.
Tom: je me disais aussi.


On rentre dans la maison et Tom file à la cuisine. J'en profite pour interpeller Sam.


Moi: au fait Sam tu m'avais pas dit que tu venais ici.
Sam: oui ça c'est fait un peu précipitamment, j'ai pas vraiment eu le temps de prévenir.
Moi: ok je vois et tu comptes rester combien de temps?
Sam: une petite semaine je pense.
Moi: cool.


J'acquiesce et rattrape la troupe. Tom est dans la cuisine avec un festin sur la table qui l'attend. Il est pratiquement dix huit heures trente mais ça ne semble pas le déranger. Pendant ce temps là on s'installe dans le salon. Les discutions vont bon train, Andréas me raconte deux ou trois anecdotes qu'étrangement les jumeaux avaient omis d'aborder. Sam en rajoute une couche elle aussi. Quand je vois vingt heures arriver je me dis qu'il serait peut être temps de faire à manger, mais les garçons m'affirment quand réalité leur mère rapporte toujours le repas le soir lorsqu'elle rentre tard. Elle les a banni de la cuisine. Cela me gène d'attendre les bras croisés que leur mère arrive pour se mettre les pieds sous la table mais apparemment c'est normal.

Une heure plus tard la porte s'ouvre à la volée et une femme au allure de mannequin s'engouffre dans la maison. Tel un ressort je me lève et reste plantée comme un piquet. Lorsqu'elle fait son entrée dans le salon son charisme envahi toute la pièce. Elle porte un tailleur beige, ses cheveux sont légèrement remontés tout comme son maquillage. Je sais de qui les jumeaux tiennent leur charme maintenant. Elle balaye du regard les occupants du salon et s'attarde sur moi. Je sens qu'elle me scrute comme pour me jauger. Ses yeux me transpercent, j'ai l'impression d'être transparente et de rien pouvoir lui cacher. Ça me fait froid dans le dos. Finalement elle apaise son regard et me lance un sourire quelque peu forcé.


Simone: bonjour, je présume que vous êtes Alexandra.


Le vouvoiement ne présage rien de bon. Je sens que ça va être coton cette histoire.


Moi: oui c'est bien moi et vous vous êtes Simone?
Simone: qui d'autre?


Allez prends toi ça dans la gueule. Elle cherche à t'impressionner, ne te laisse pas faire. Garde la tête froide et ne lui permet pas de te décontenancer. J'essaye tant bien que mal de rester droite. Elle se détourne de moi et regarde ses enfants avec un regard beaucoup plus doux et tendre. Je ne l'intéresse déjà plus. Lorsque ses yeux se posent sur Samantha un sourire franc s'affiche à ses lèvres.


Simone: ah comment vas-tu ma petite Sam?
Sam: très bien merci.


Elle s'approche d'elle et la prend dans ses bras en guise de bonjour. Elle semble beaucoup l'apprécier elle au moins. Il ne faut pas que je me fie aux apparences, peut être qu'elle fait la même chose à tous les nouveaux. Elle demande de l'aide pour chercher à manger dans la voiture. Gordon ne devrait pas tarder d'après ses dires.


Simone: tu restes manger avec nous Sam? Et toi Andréas?
Sam: si ça ne te dérange pas pourquoi pas.
Simone: non il n'y a pas de souci. Andréas?
Andréas: je suis désolé mais je dois rentrer, ça sera pour une prochaine fois.
Simone: Ok


Je ne sais vraiment pas où me mettre, j'ai l'impression de ne pas être à ma place. Comme un objet insolite se retrouvant dans un musé historique. Bill ne semble même pas sans rendre compte, il est dans son élément lui. Lorsque nous allions finalement passer à table, Gordon se décide à faire son entrée. C'est un homme à la carrure imposante, son visage est marqué par les années mais son teint est resplendissant. Il porte un pantalon à pince dans les tons gris et une chemise blanc cassé. Il vient embrasser sa femme ainsi que le reste de la tabler, lorsqu'il arrive à moi il se stoppe surpris.


Gordon: oh une petite nouvelle! Tu dois être la charmante Alexandra.
Moi: oui mais charmante je ne suis pas si sûre.
Gordon: alors je suis sûr pour deux.
Moi: si vous le dîtes.


Il me fait une bise chaleureuse. C'est un autre accueil que celui de Simone. Il me parait beaucoup moins dur que sa femme. Mais je devais m'y attendre, je suis la fille qui est rentrée dans la vie de son fils et qui d'une certaine façon l'a accaparé. Elle doit certainement vouloir me tester pour savoir si je le mérite. Sachant en plus que vu le statut de Bill il est encore plus susceptible d'être attiré dans les mailles du filet d'une groupie sans aucun intérêt pour le vrai Bill Kaulitz. Après tout ça reste son petit garçon, elle le protège. Si son but reste louable je veux bien me plier à l'examen.

Pendant tout le repas Simone parle pratiquement en exclusivité à Sam, elles rient comme deux amies, Sam à une sacré place dans son estime vue les éloges qu'elle n'oublie pas de nous faire partager sur elle.

Lorsque nous avons fini de manger nous débarrassons la table, je me débrouille pour rester seule avec Simone. Elle fait un brin de vaisselle alors que je mets le reste dans le lave vaisselle. On entend uniquement le bruit des assiettes s'entrechoquer. Voyant qu'elle n'est pas prête à engager la conversation je me lance.


Moi: vous travaillez dans quoi exactement?
Simone: dans l'art. Je m'occupe de vente, d'enchères d'½uvres d'art, ce genre de chose.
Moi: Vous-même, vous êtes artiste?


Elle rit à ma question, son rire est cristallin et frais. Elle me sourit comme si ma question était niaise.


Simone: chacun n'est-il pas artiste à sa façon après tout?


Sur ce elle quitte la cuisine. Cette femme est un mystère à elle toute seule. Elle me déstabilise par sa prestance, je n'arrive pas à la cerner. Mais je ne compte pas abandonner, je trouverais la clef, peut être même qu'elle me la donneras toute seule.

......

Les douze coups de minuit sont passés et je me retrouve en pyjama à deux doigts de tomber dans les bras de Morphée. Mais bien sûr Bill n'est pas de cet avis.


Bill: alors ton entrée dans ma vie privé te plait-elle?
Moi: heu je fais pas déjà partie de ta vie privé?
Bill: si mais tu vois ce que je veux dire.
Moi: alors je dirais que ton beau père Gordon est très agréable et ta mère... très ta mère quoi.
Bill: comment ça?
Moi: tu veux vraiment que je te fasse un dessin? On va dire qu'elle ne m'a pas accueilli les bras ouverts, et puis j'ai bien compris qu'elle aimait beaucoup Sam.
Bill: elle la connaît depuis longtemps et Sam est quelqu'un de particulièrement gentils aussi. 'fin voila, mais t'es jalouse?
Moi: oui un peu mais pas d'elle par rapport à toi, juste d'elle par rapport à ta mère.
Bill: laisse lui le temps de te faire une place, elle ne peut que t'aimer. Et puis moi je t'aime ça suffit pas?
Moi: si bien sûr.


Bien sûr que ça ne suffit pas et nous le savons très bien tout les deux... Un couple ne se construit pas à deux comme tout le monde l'idéalise. Je m'en suis rendu compte il y a bien longtemps déjà malheureusement. Je m'endors finalement avec l'esprit emprisonné, loin de la liberté que j'espérais.



Alors celui là j'ai eu un peu de mal à l'écrire, je l'avoue, et le pire c'est que je ne sais même pas pourquoi. Enfin bref tout ça pour finalement vous demandez vos avis^^. Au fait vendredi j'ai enfin mes résultats de Bac, il me tarde mais ça me stresse même pas XD
bisous
# Posté le mardi 01 juillet 2008 19:39
Modifié le mercredi 02 juillet 2008 16:35

chapitre 52: il n'y a pas de fumée sans feu

chapitre 52: il n'y a pas de fumée sans feu
Mes fesses posées sur le canapé du salon je m'ennuie fermement, il n'y a malheureusement pas d'autres termes. Je regarde les autres soumis au même supplice, apparemment le mot « supplice » ne leur correspondraient pas pour nommer ce moment. Des sourires francs accrochés au visage ils rient de ce film d'enfance défilant à l'écran. Chacun est plongé dans ces souvenirs imagés s'affichant ostensiblement sur un écran de télévision. Je n'ai vécu aucun des instants les rendant nostalgiques, je n'ai pas cette impression de flash back qu'ils ont. Je lance un regard vers Samantha (qui a été invité à manger ce midi par Simone) mais elle semble tout aussi heureuse de revivre ce passé que le reste de la famille Kaulitz. J'ai la sensation de ne pas appartenir à ce monde, d'être un intrus dans cette famille qui n'est pas la mienne et dont je doute qu'elle le deviendra un jour...

Soudain, je sens Bill s'agiter à coté de moi, un voile d'inquiétude s'est posé sur son visage. Il tripote sans pause ses doigts, il jette des regards furtifs à Samantha qui les ignorent magnifiquement. Qu'est-ce qui lui prend d'un coup? Pourtant la séance retour en arrière semblait bien lui plaire jusque là.


Bill: Maman je pense que c'est bon là, on pourrait peut être arrêter le film. On le connaît par c½ur maintenant.


Elle regarde son fils surprise, sans comprendre le pourquoi de sa soudaine envie de stopper la diffusion de la vidéo. J'avoue que je suis dans le même cas qu'elle.


Simone: mais pourquoi? Il est presque fini de toute façon et on arrive à la période fin de collège, il y a même Sam non?
Bill: heu... je sais plus.
Simone: il faut savoir il y a trente secondes tu me disais que tu le connaissais par c½ur.


L'art et la manière de coincer les gens, je crois qu'elle est tout simplement experte dans ce domaine. Autant jusque là je m'en plaignais autant je m'en réjouîs actuellement.


Bill: joues pas sur les mots, moi je vais faire un tour. Alex tu viens?


J'allais lui crier aux oreilles un « oui » sorti du c½ur pour m'extirper de cet instant non des plus agréable, quand j'aperçois l'image du film qui me cloue sur place. De mes yeux écarquillés j'ai du mal à intégrer la nouvelle qui s'offre à moi. D'abord la surprise, puis l'impression qu'on m'ait cachée une partie de la vérité et enfin une once de trahison traverse mon esprit. Tour à tour, mes yeux passent de Bill à Sam. Respectivement anxieux et stoïque, ils ne bougent pas. C'est donc moi qui prends la poudre d'escampette. J'entends la porte claquer derrière moi et m'engouffre dans la rue. Pour aller où? Très bonne question.

De simple ami qu'ils sont, mais bien sûr. N'y l'un ni l'autre n'a craché le morceau durant tout ce temps, peut être parce que ce n'était pas important ou au contraire ça l'était tellement que le cacher était la meilleure chose à faire. Bravo je n'ai rien vu, à contre c½ur je remercie Simone de nous avoir imposer ce maudit film.

Des bruits de pas précipités derrière moi m'indiquent que quelqu'un vient à mon encontre. Pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s'agit.


Moi: tu comptais me le dire quand? Jamais?
Bill: c'était il y a longtemps...
Moi: c'était sérieux?
Bill: pas vraiment, on était jeune. Il n'y a absolument plus rien entre nous maintenant je te le promets.
Moi: alors pourquoi ne rien m'avoir dit?
Bill: j'en ai discuté avec Sam et on était d'accord pour dire que ça ne servirait à rien que tu le saches.
Moi: après tout ce n'est pas important de savoir que son copain est sorti avec une amie à vous relativement proche il y a quelques années.
Bill: le prend pas mal.
Moi: et comment veux-tu que je le prenne? Le pire je pense est de l'apprendre ainsi, autant tu me l'aurais dit clairement dès le début ça ne m'aurait sans doute pas dérangé. Mais là ça a l'allure d'un secret et tout ce qui est secret à un fond inavouable...
Bill: je te dis que cette histoire est oubliée depuis longtemps.
Moi: pour toi peut être mais pour Sam qu'est-ce que tu en sais?
Bill: ne sois pas stupide, c'était il a plus de trois ans!


Je me mure dans le silence. Les images du film repassent devant mes yeux. Un couple qui se roule dans l'herbe entre chatouilles et baisers sans évincer les rires. La scène respire le bonheur, la joie de vivre. On ne peut pas oublier ce genre de moment, c'est impossible. Chaque histoire est gravée dans son esprit comme dans son corps. Le temps fait son oeuvre mais jamais n'efface le passé.

Bill prend ma main dans la sienne, je ne m'y oppose pas. Il nous ramène chez lui sans un mot. Sam est étrangement rentrée chez elle à notre arrivée, prétextant une urgence. Quant à Tom il n'a pas bougé du salon, j'intercepte un regard de reproche entre lui et son frère. Une ambiance lourde de ressentiment s'impose à la pièce. Gordon s'est éclipsé pour bricoler et Simone s'est réfugiée dans la cuisine pour préparer un gâteau.


Tom: Andréas a appelé pendant que vous n'étiez pas là. Ce soir y'a une fête d'organisée par les anciens du collège chez Jeff. On est invité et Andréas m'a assuré qu'il n'y aurait que des anciens qu'on connaît donc pas de groupies en vue. Ça vous dit d'y aller?
Bill: pourquoi pas, ça nous rappellera des souvenirs.
Moi: j'espère que ces souvenirs ne sont pas du genre de tout à l'heure.


Ma réflexion jette un froid, mais qu'importe, je veux qu'il comprenne que mentir n'est pas la meilleure solution, quitte à retourner le couteau dans la plaie. Pour réchauffer l'atmosphère Tom allume la télévision et commence à zapper de chaînes en chaînes. Alors qu'il trouve une émission qui plait à tout le monde, Simone m'appelle pour que je vienne l'aider. Je me plie à ses exigences et me dirige vers la cuisine.


Simone: est ce que vous pourriez me préparer une crème anglaise pour accompagner le gâteau s'il vous plait?
Moi: oui si vous voulez.
Simone: je vous ai préparé les ingrédients, ils sont sur la table.
Moi: merci.


Je m'applique à la tâche, chacune occupée à sa préparation nous ne parlons pas. De temps en temps je la surprends à m'observer, mais dès que nous croisons nos regards elle se détourne loin d'être gênée. Ma crème commence à prendre forme, son gâteau est prêt à être enfourné. Elle s'approche de moi et vient voir où j'en suis.


Simone: elle a une belle consistance et couleur, je pense qu'on peut la mettre au réfrigérateur.


Je m'exécute. Une fois la crème à sa place je m'apprête à sortir de la cuisine.


Simone: Alexandra.
Moi: oui?
Simone: vous vous doutez bien que je ne vous ai pas demandé de venir pour faire cette crème.


Et voilà, le moment que je redoutais pointe le bout de son nez. Je me retourne vers elle et la voit en train de ranger les spatules, cuillères et autres condiments utilisés à la préparation effectuée. Puis sur le ton de la conversation elle me dit.


Simone: ils sont restés près d'un an ensemble. Ils étaient vraiment heureux et amoureux puis la célébrité de mon fils les a séparé, ils ont pris leur distance. Chacun a suivi son chemin.
Moi: pourquoi me dîtes vous cela?


Elle me répond avec un sourire assuré.


Simone: Peut être pour que l'histoire ne se recommence pas ou alors qu'elle continue.


Ses énigmes m'énervent, j'en ai marre de jouer à la devinette. Je quitte la cuisine sans un regard pour elle. Mais qu'attent-elle à la fin? Pourquoi rien ne peut être facile et clair à la fin? Les ombres s'accumulent sans apercevoir de main salvatrice, le brouillard s'épaissi et moi je m'y perds. Dans mes pensées, je monte les marches menant à la chambre de Bill. Je pose ma main sur la poigné de la porte mais la retire dès que j'entends des voix tonner à l'intérieur. Les reconnaître ne s'avère pas bien dure. Je tends l'oreille trop curieuse pour passer mon chemin.


Tom: tu joues avec le feu.
Bill: arrête de t'inquiéter pour rien.
Tom: et toi, inquiètes toi un peu plus. Si tu continues comme ça tu vas y perdre plus qu'y gagner.
Bill: c'est toi qui me dis ça?! T'es pas gonflé appart ça.
Tom: Pense ce que tu veux mais elle t'aime sincèrement et tu vas tout bousiller.
Bill: je maîtrise la situation.
Tom: tu ne maîtrises rien du tout Bill! Tu vas en faire souffrir plus d'un dans cette histoire.
Bill: ça n'ira jamais jusque là.
Tom: je l'espère pour le bien de tous...


Sur ces derniers mots la porte s'ouvre brusquement devant moi, Tom y apparaît. Il me regarde quelques secondes puis secoue la tête désabusée pour finalement disparaître dans sa chambre. À pas feutrés je m'introduis dans la chambre et vient m'asseoir à coté de Bill. Leur échange a soulevé beaucoup de questions, moi qui trouvais qu'il y avait déjà assez d'interrogations comme cela.


Moi: ça ne va pas avec Tom?
Bill: si si, il se mêle juste de ce qui ne le regarde pas.
Moi: vous vous disputiez pourquoi?
Bill: J'ai pas trop envie d'en parler.
Moi: comme tu voudras.


Je me lève et le laisse dans sa chambre. Je crois bien que tous les habitants de cette maison ont besoin d'être un peu seul pour réfléchir, moi la première. Je sors dans le jardin, le temps est au beau fixe, une brise légère fait voleter les quelques feuilles tombées de leurs arbres. Les rayons du soleil caressent ma peau de sa douce chaleur. Je me laisse glisser au sol et m'allonge sur l'herbe. Le vent chante à mes oreilles une mélodie réconfortante, elle m'emporte loin. Loin de ces tracas de tous les jours, loin de ces questions à l'envergure si peu existentielle qui pourtant me taraudent, loin de ma vie qui a changé si vite, loin de moi...

......

Une main douce parcourt ma joue, j'ouvre les yeux et suis éblouie de la luminosité environnante. Des yeux noisettes cernés de noir croisent les miens.


Bill: il faudrait que tu te prépares, on va pas tarder à y aller.
Moi: ok, j'y vais de ce pas.


Un baiser furtif et me voilà partie direction sa chambre pour me changer. Peut être que cette fête me changera les idées après tout. Un cocktail de musique, de danse et d'alcool, quoi de mieux pour penser à autre chose?



Et voila un nouveau chapitre
Qu'en pensez vous? (question très originale je sais^^)
Sinon des nouvelles du front: heu assez confus en gros, pour mon bac j'ai droit au repéchage -_-', de toute façon je m'y attendais un peu, pour ce que j'ai travaillé c'est le retour de baton que je méritais. Mais bon il me manque pas beaucoup de points donc mardi soir normalement je serais fixée. Et pour la suite je sais pas, ça dépend de beaucoup de chose. Ce qui est sûr c'est que vendreid, le 11 donc, je pars une semaine chez une amie que j'ai rencontré grâce à Tokio Hotel, rien que pour ça je les remercie d'être là^^. Je pars une semaine donc y'aura sûrement pas de suite pendant cette période, sauf si je me débrouille mais je sais pas encore comment, à réfléchir^^
sur ce bisoussssssss à toutes et encore des mercis à vous crier^^
# Posté le dimanche 06 juillet 2008 20:03
Modifié le lundi 07 juillet 2008 06:09